Au Cambodge, l’agriculture est la principale source de revenu pour les populations rurales et joue un rôle important dans l’activité économique et le maintien de la sécurité alimentaire. La filière riz est un secteur majeur, qui contribue à plus du 15 % du PIB. En effet, les exportations de riz (usiné/blanc) ont fortement augmenté, passant de 51 300 à près de 700 000 tonnes entre 2010 et 2020. Parallèlement, le mode de production du riz a évolué et l’adoption du semis direct a entrainé l’application d’engrais minéraux et de pesticides nocifs pour la santé humaine, animale et environnementale, causant le déclin des stocks de poissons dans les rizières. De plus, l’absence de capacité de stockage et de trésorerie des paysans-nes , encore peu organisés en coopératives, entraînent une vente « bord champ » du riz non décortiqué (ou paddy) au moment où les cours du riz sont les plus bas et les besoins des producteurs-ices les plus élevés. Ces faiblesses de structuration des agriculteurs et d’accès aux marchés touchent aussi d’autres filières comme le sucre de palmier, la noix de cajou et l’arachide.
Dans ce contexte, le Gouvernement Royal du Cambodge et les bailleurs de fonds privilégient des programmes de soutien à l’agriculture contractuelle, mettant en relation les petits exploitants agricoles aux acteurs du secteur privé (acheteurs, intermédiaires, exportateurs), et/ou à la commercialisation directe. Ainsi, un grand nombre de coopératives et d’unions ont été créées pour permettre la commercialisation collective des produits agricoles. Cependant, un grand nombre d’entre elles sont encore faiblement structurées et n’ont pas accès à des marchés équitables et durables.
Dans ce contexte, AVSF et la Société Coopérative Ethiquable ont initié depuis 2017 un programme d’appui à environ 4 000 producteur-ices pour leur permettre d’accéder à des marchés de qualité, rémunérateurs et durables. Ce document présentent les différentes actions mises en place pour atteindre ces objectifs.